Les faillites d’entreprises se poursuivent en France 

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Les faillites d’entreprises se poursuivent en France 

En 2023, le paysage économique français a été marqué par une augmentation significative des faillites d’entreprises.

Cette situation a mis en lumière les fragilités structurelles de certaines entreprises et a soulevé des questions quant à l’efficacité des mesures de soutien gouvernementales mises en place pendant la pandémie de Covid-19.

Nous avons déjà évoqué ce sujet dans un précédent article, ici il s’agit d’une mise à jour des chiffres de la Banque de France pour août 2023.

Les chiffres clés des Défaillances d’Entreprises en France pour Août 2023

La Banque de France a récemment publié ses statistiques sur les défaillances d’entreprises pour le mois d’août 2023, et les chiffres sont révélateurs. Selon le rapport, le nombre de défaillances d’entreprises a légèrement augmenté, passant de 50 239 en juillet à 50 441 en août.

Bien que cette augmentation puisse sembler minime, elle mérite une attention particulière, surtout lorsque l’on considère que ces chiffres restent bien en deçà de la moyenne enregistrée entre 2010 et 2019, qui était de 59 342 défaillances annuelles.

Ce qui est particulièrement intéressant, c’est que cette tendance à la hausse ne se limite pas à un secteur spécifique ; elle est plutôt généralisée à travers tous les secteurs de l’économie. Cependant, l’impact est hétérogène.

Par exemple, le secteur de l’agriculture a vu une baisse de 13,8% par rapport à 2019, tandis que le secteur de l’information et de la communication a connu une augmentation impressionnante de 21,8%.

Les profils d’entreprises, les Secteurs et régions les plus touchés

Les petites entreprises, notamment celles comptant moins de 10 employés, sont particulièrement affectées par l’augmentation des faillites. Ces entreprises représentent environ 91% des défaillances dans le domaine commercial.

Les principales causes de ces échecs sont majoritairement attribuées à l’inflation. Cette situation économique défavorable a entraîné divers mouvements sociaux et de longues périodes de grève contre la réforme des retraites, impactant négativement le chiffre d’affaires des commerces.

D’autres domaines d’activité ont également subi les effets de cette crise économique.

Par exemple, le secteur du transport routier de marchandises, la restauration traditionnelle (avec 1477 procédures de faillite, soit une augmentation de 53% par rapport à l’année précédente) et la restauration rapide (646 procédures, soit une hausse de 64% par rapport à l’année précédente) ont été durement touchés.

Il est à noter que ces secteurs avaient connu une croissance significative pendant la période de la pandémie et sont maintenant contraints de fermer leurs portes.

Quelle est la situation dans le secteur de la construction ?

D’après les données fournies par le cabinet Altares, le secteur de la construction semble pour le moment résilient. Néanmoins, certaines régions comme l’Île-de-France, l’Occitanie et la Nouvelle-Aquitaine affichent des niveaux de défaillance comparables à ceux du deuxième trimestre de l’année 2016.

Les conséquences de ces faillites sont malheureusement graves en termes d’emploi. Selon une étude réalisée par le cabinet Altares, environ 55 000 postes pourraient être supprimés. Il s’agit là d’un revers majeur pour l’économie française.

Régions les plus touchées

L’Île-de-France, l’Occitanie et la Nouvelle-Aquitaine figurent parmi les régions les plus touchées par les défaillances d’entreprises en 2023.

Le point de vue de la Banque de France sur les faillites d’entreprises 

La Banque de France ne voit pas cette tendance comme alarmante. Elle considère plutôt cette hausse comme une « normalisation » après la période de la pandémie de COVID-19, durant laquelle les faillites avaient été limitées grâce aux aides publiques massives.

La Banque souligne également que le nombre total de défaillances reste inférieur de 16 % à la moyenne de la décennie 2010-2019 et que le nombre de créations d’entreprises a été « historique ».

Emilie Quema, directrice des entreprises de la Banque de France, a toutefois noté un « point d’alerte » concernant les ETI (Entreprise de taille intermédiaire), où la progression des défaillances est plus forte.

Elle a également mentionné que les problèmes de remboursement des prêts garantis par l’État (PGE) sont très ponctuels et que près de la moitié des 143 milliards d’euros prêtés avaient déjà été remboursés.

Rapport de la Banque de France sur les défaillances d’entreprises pour le mois d’août 2023

 >>>Retrouvez ici le rapport complet de la Banque de France pour le mois d’août 2023 en version PDF

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